Le Témoignage de Charles Oulmont

Lettre du Professer Charles Oulmont, de l’Université de Paris ( Sorbonne)

Paris le 7 février 1968

Chère Madame Joana Mendes,

Je n’oublierai jamais le dévouement avec lequel votre malheureux père a pris à coeur la souffrance des Juifs, pendant l’invasion allemande de la France, en 1940, à Bordeaux.

La situation des réfugiés était intolérable. Votre père, plein de pitié et de compassion, a fait tout son possible, et il a véritablement fait l’impossible, pour sauver les réfugiés de la botte de l’envahisseur.

J’étais, personnellement, dans cette situation désespérée de réfugié, bien que j’eusse été invité par le gouvernement portugais à assister à la commémoration de l’indépendance du Portugal. On aurait pu croire que cela aurait dû protéger ma vie ! Hélas!

C’est votre père, et lui seul, dans sa bonté, qui m’a sauvé, et je lui rend hommage de ce fait. C’est lui qui a fait parvenir à Lisbonne mes précieux bagages.

Grâce à sa bonté, mes manuscrits, en tant qu’auteur, ont été préservés des mains destructrices des Allemands. Ces mêmes mains destructrices avaient, auparavant, dévasté ma maison à Paris, à Saint-Cloud.

Je vous assure, madame, que je comprends le geste des Israéliens envers la mémoire de cet homme, un vrai Chrétien qui possédait un coeur véritablement noble, et qui incarnait la justice en action.

---------------Avec mon profond respect et mes sentiments les meilleurs.

Charles Oulmont