LIBERATION

Bordeaux 1940: L'honneur d'un fonctionnaire

C'est ainsi que Danielle Gervais("Libération" du 22/03/1996)avait elle aussi, présenté à ses lecteurs l'attitude Sousa Mendes à la veille du procés de Maurice Papon. Nous ne reprendrons pas ici le déroulement des faits, mais simplement les questions posées par son attitude.

Les débats autour du procés éventuel de Maurice Papon posent entre autres, le problème de la responsabilité d'un fonctionnaire face à son administration. Maurice Papon fut pendant la seconde guerre mondiale, un secrétaire général de préfecture trés obéissant et fort éfficace. Il peut être rappelé qu'à la même époque et dans cette même ville de Bordeaux, un autre fonctionnaire de haut rang, la Consul général du Portugal, fut capable, au nom de son devoir moral, de désobéir aux ordres de sa propre administration, sacrifiant ainsi son avenir et celui de sa famille...

Et aprés l'exposé des faits Danielle Gervais conclut: Les survivants de l'Holocauste ont rendu hommage à cet homme qui avait sauvé un trés grand nombre d'entre eux, sans avoir d'attache particulière avec le judaïsme. Une rue de Tel-Aviv porte son nom, un arbre planté dans le parc du Souvenir...A Lisbonne la réhabilitation formelle a dû attendre1988. L'annulation de la condamnation, la réintégration dans la carrière diplomatique è titre posthume devaient s'accompagner d'une indemnisation de la famille. Bien que la somme prévue fut modique, cette indemnisation de la famille n'a toujours pas été versée en raison de la mauvaise grâce du ministère des Affaires Etrangères.

Au Portugal comme en France, il n'est décidément pas facile aux administrations d'admettre leur responsabilité dans les erreurs du passé. Au Portugal comme en France, il est plus facile et valorisant d'avoir aveuglément accompli son travail de bureaucrate, parfois même en allant au-devant de demandes indignes, que d'avoir suivi sans faillir les impératifs de la conscience universelle . (Libération 22/03/1996).

Um"Justo homenageado em Bordéus"
Bordéus,17,18,19 de Junho de 1940.
Durante três dias e três noites sem parar, com a ajuda de um subalterno e do filho mais velho, Aristides de Sousa Mendes vai passar mais de 30000 vistos dos quais 10000 a judeus.
Á época, Portugal era um país neutro, e o Consulado deste país representava a esperança para todos aqueles que desejavam obter um visto. O Presidente da República portuguesa, Jorge Sampaio, prestou homenagem ontem em Bordéus à memória deste Cônsul, graças a quem essas pessoas puderam escapar ao regime nazi e chegar à terra lusitana. "Aristides de Sousa Mendes mostrou que a opressão e a ameaça não conseguem vencer a liberdade de consciência, o espírito iluminado e a fé na humanidade", declarou o Presidente português, depois de ter colocado uma coroa de flores junto ao busto do antigo Cônsul.
O diplomata português tinha também desobedecido às ordens do regime de Salazar. Demitido do seu posto, puco depois, Aristides de Sousa Mendes, morreu na miséria em 1954.
O antigo Cônsul de Portugal em Bordéus foi proclamado "Justo entre as Nações" em 1966, pelo Instituto Yad Vashem de Jerusalem.