Témoignage de Moïse Elies


Lettre de M. Moïse Elias, 170 W 74th St., New York, N.Y. 10023
(traduite de l'allemand)

               

YAD VASHEM----
Service des Justes
---------------------------------Har Hazikaron P.O.B 84----- 4 août 1966
Jérusalem, Israël

Cher M. Alkalay

C’est bien volontiers que je souhaite témoigner des services infinis qu’a rendus le bienheureux Aristide de Sousa Mendes, alors consul-général portugais à Bordeaux, France, en accordant gratuitement des visas à des milliers de réfugiés juifs pendant l’effondrement de la France en 1940 - le salut de leurs vies !

Ma femme et moi étions dans le Sud de la France à cette époque et c’est uniquement parce que le Dr Mendes, dans son hospitalité, nous a abrités, que nous avons pu échapper aux Nazis. Les visas qu’il nous a accordés, gratuitement, nous ont permis, finalement, d’aller à Lisbonne et, de là, aux Etats-Unis.

De nos propres yeux, nous avons vu, pendant des semaines, le Dr Mendes, avec l’aide de sa femme, dans un effort incessant, apposant des visas sur tous les passeports qui lui étaient présentés - toujours gratuitement. Le Dr Mendes a continué jusqu’à ce que le gouvernement portugais le démît de ses fonctions et fermât le consulat de Bordeaux.

Plus tard, à Lisbonne, j’ai entendu dire que le Dr Mendes avait été déféré à un conseil de discipline, et privé de sa qualité de consul-général. En conclusion, je ne peux me retenir d’exprimer la grande et respectueuse admiration, ainsi que la gratitude, que j’éprouve pour le Dr. Mendes et son épouse.

Je reconnais que c’est un acte de Dieu que la présence d’un tel homme en un tel endroit et en un tel moment.

Moïse Elias,