Le 22 Juin 2001, Bayonne vient, à son tour, de lui rendre hommage.

-...Sur les lieux mêmes de l'ancien consulat où tant de réfugiés avaient retrouvés l'espoir. C'est Mme Belinge-Llopis, la Présidente de l'Association France-Portugal-Côte Basque qui a rappelé les faits:

" Il y a 61 ans, jour pour jour, que, "devant cette même porte une foule hétérogène,mais angoissée, attendait une sorte de miracle: "voir s'ouvrir l'entrée du Vice-Consulat du Portugal et y obtenir un visa afin de pouvoir fuir de France par la frontière "la plus proche...Qu'attendaient-ils ? - TOUT ! puisqu'aucune autre autorité consulaire ne leur délivrerait de "laissez-passer. Et les fonctionnaires portugais étaient ils mandatés par leur Gouvernement ? Non...ils devaient "appliquer la circulaire 14 ...elle disait : "Les visas ne seraient pas délivrés à des étrangers dont la citoyenneté était indéfinie, "contestée ou en litige, aux apatrides, aux porteurs de Passeports nansen, aux russes, aux juifs expulsés des pays dont ils "détenaient la citoyenneté et à toute personne dans l'impossibilité de retourner librement du pays d'où elle venait"
"Mais un homme a pris, seul, cette responsabilité et a décidé de les faire sortir de France. Il s'appelait Aristides de Sousa Mendes.Il était Consul Général du Portugal à Bordeaux et, à Bayonne ...il exortait Mrs.Vieira Braga et Faria Machado, dont il était responsable, a réaliser ce que lui-même avait entrepris à Bordeaux, quelques jours auparavant. A savoir donner un visa à tous ceux qui le lui demandaient pour traverser l'Espagne et atteindre le Portugal et pour certains les Etats-Unis. Et ceci contre les ordres formels de Salazar...

"Si nous sommes présents ici, aujourd'hui, c'est pour accomplir notre devoir de mémoire,rappelant que, Aristides de Sousa Mendes, en désobéissant aux ordres supérieurs de son pays, fut celui qui renonça au déroulement de sa carrière diplomatique dans le seul but de sauver des pires sévices, hommes, femmes et enfants.

Quelques mois plus tard, au Portugal, aprés un trés sévère procés disciplinaire il fut rétrogradé au rang de Consul de 2me classe et mis d'office à la retraite à l'age de 55 ans.Quatorze ans aprés ces événements que nous commémorons, il meurt à Lisbonne, en I954, aprés avoir entrainé dans la disgrâce son épouse auparavant décédée en 1948 dans la plus grande détresse et leurs 12 enfants qui, à l'époque, avaient tous un dossier politique et étaient portés sur la liste noire. Aristides de Sousa Mendes, avocat de carrière, diplomate de mérite, obtint l'appui moral de sa famille et surtout celui de sa femme Angelina, pour mener à bien son action humanitaire...

Au Portugal, un silence total s'abattait sur l'intervention de Aristides de Sousa Mendes, ... et par ironie du sort, des groupes de réfugiés sauvés par lui tissaient publiquement des louanges à Salazar pour sa générosité à les accueillir sans même connaître le triste destin de l'homme qui les avait sauvés.

Aucune référence historique à son égard n'était faite, lorsqu'on étudiait en histoire le conflit 1939-1945, l'occupation et le Libération de la France. Le temps passa sur cet oubli - mais un jour, après que les enfants de Sousa Mendes aient lutté pendant 4 décennies aux Etats Unis pour la reconnaissance internationale des actes de leur père et pour sa réhabilitation au Portugal - les premiers actes de reconnaissance vinrent de l'Etat d'Israel "qui déclara Aristides de Sousa Mendes JUSTE parmi les nations", finalement en 1988 le Parlement portugais votera à l'unanimité sa réintégration dans la carrière diplomatique, avec le titre d'Ambassadeur. Pour terminer quelques mots d'Aristides de Sousa Mendes lui-même:
"Je n'ai pas pu agir autrement, donc j'accepte avec amour tout ce qui m'est arrivé".

Mais comme on le voit Mme Belinge Llopis ne fut pas la seule à prendre la parole ce jour là.
Le "Trait d'Union" nous a donné un résumé de l'ensemble de cette manifestation:

Le vendredi 22 juin 2001 a eu lieu à Bayonne une cérémonie simple, belle et sobre. Il s'agissait de rendre hommage à un Juste, soixante-et-un ans après les faits qui ont motivé cet acte de reconnaissance : les 20, 21, 22 et 23 juin 1940.

Mr Jean René Etchegaray Adjoint au Maire s'exprima au nom de la Ville de Bayonne. Il rappela que, ici même, en une période douloureuse, très dure à vivre sûrement, les réfugiés affluaient au consulat du Portugal de Bayonne. Cette démarche représentait pour eux un dernier espoir de liberté. Mr Aristides de Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux ayant également autorité à Bayonne, délivra courageusement 30 000 visas d'entrée dans son pays, dont 10 000 à des juifs. Geste mûri après quelques jours de réflexion qui permirent à cet homme droit et fraternel de donner la priorité à son devoir d'aide humanitaire et à sa haute conception des valeurs de solidarité, en agissant selon sa conscience de chrétien et d'humaniste, en dépit des ordres stricts qui lui avaient été transmis par son ministère de tutelle : ne pas accorder de visas sans autorisation ministérielle préalable...

Cette action noble mais dérangeante pour des esprits étroits valut bien entendu à son auteur des mesures disciplinaires très sévères, rétrogradation et mise à la retraite anticipée, dans des conditions matérielles très dures pour une famille nombreuse, le consul et son épouse avaient quatorze enfants... Mgr Molère Evèque de Bayonne souligna qu'après la mort de sa femme, Aristides de Sousa Mendes, sans moyens financiers lui permettant de soigner une pneumonie, dut se réfugier chez les tertiaires franciscains de Lisbonne.

ll y mourut en 1954 ; et c'est revêtu d'une robe de bure offerte par ceux qui l'avaient recueilli qu'il fut enterré, tel le Poverello d'Assise. Puis Mr.Francis Tréfosse, représentant la Communauté juive rappela en termes émouvants, l'mportance pour elle de ce devoir de mémoire. Mr. le Consul du Portugal, Mr.Francisco de Sa Mata rappela tous ces faits avec éloquence. Une cérémonie trés belle aussi grace à la présence du Groupe de Folklore de Bayonne. Tout cela grâce à l'efficacité du Père François Esponde qui a coordonné les préparatifs de cette cérémonie, au cours de laquelle ont été évoquées les étapes de la réhabilitation de cet homme de conviction dont le nom est inscrit à Jérusalem dans l'Avenue des Justes... MC.S (dans http://trait-dunion.ifrance.com/trait


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Présente sur les lieux, Mme Molère, propriétaire de la maison, nous a fait visiter et nous a expliqué ce dont elle se souvient parfaitement, ce qu'elle avait déja expliqué à Jocelyn Gille, l'auteur de la BD :

La rue des Piloris était bondée de réfugiés, à ne pas pouvoir trouver passage. D'autre part comme l'escalier risquait de s'effondrer sous le poids de cettre foule, les gens restaient dans la rue, les passeports et autres pièces d'identité étaient rassemblés dans des sacs qu'il fallait monter jusqu'au 3me étage de l'immeuble où se trouvait le consulat. Ensuite on faisait l'appel pour les distribuer à chacun. Mais il y avait une autre entrée au N°3 de la rue de l'Argenterie, par laquelle le consul et autres employés pouvaient passer, eux et bien d'autres ne tardèrent pas à découvrir cette possibilité d'accés...C'est d'ailleurs au carrefour de cette rue, plus spatieuse, qu'a eu lieu la cérémonie de Mémoire de ce 22 Juin 2001.